Une longue peine

Auteurs : Collectif

collection :

date de parution 01/2018

ISBN : 978-2-84562-315-6

104 p / illustré / 14 x 20,5 cm / 12 €.

Ils sont restés enfermés pendant de nombreuses années. Ils ont vécu dans un autre monde, une autre société, avec d’autres règles. Comment peut-on parler ensuite de ce voyage souvent honteux, souvent tu ?
Ceux que l’on nomme les « longues peines » nous font part de cette étrange parenthèse avec leurs mots, leur poésie, leurs émotions. Une longue peine, comment ça se raconte ? C’est étrange, ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps.
Il y a ceux qui sont sortis mais il y a aussi celle qui a attendu dehors, la compagne, qui raconte son enfermement à elle. Comment tous ont été emportés par cet abîme de la disparition, du passage à l’ombre. Sortir du silence, donner à entendre, ouvrir des portes, des espaces d’échanges et de réflexion.
Le livre Une longue peine , version imprimée de la pièce éponyme de Didier Ruiz, reste fidèle au rythme et à la mise en forme dramatique : récits de vie en prison répartis avec et entre chacun de façon thématique, construction qui donne lieu à une succession de tableaux. Ce livre offre une lecture charnelle du dire des ex-prisonniers-participants de la pièce. Il dit l’urgence d’une nécessité et sa trace : entendre les murs de la prison, écouter ceux qui en sont sortis et dans quel état.

J’étais là depuis tellement longtemps. Là, depuis plus de six ans, à l’isolement, dans une cellule du rez-de-chaussée du bâtiment G de la prison Saint-Paul de Lyon, dans un endroit qu’on appelle là-bas le sous-marin (les journaux l’appellent aussi la Marmite du Diable). La cellule, huit mètres carrés, le long du mur un lit métallique rivé au sol, de l’autre côté une petite tablette scellée au mur, un tabouret, un lavabo, une cuvette de WC en faïence et une espèce de placard-étagère brinquebalant. Le plafond était très haut, trois mètres cinquante à peu près, et il y avait une fenêtre, à deux mètres quarante, avec un bord incliné pour qu’on ne puisse pas s’y accrocher. Par cette fenêtre, le soleil n’entrait jamais. C’était une exposition plein nord. Tout ce que j’apercevais, c’était un petit bout de carré de ciel gris au-dessus des toits…

Récits de : André Boiron • Annette Foëx • Éric Jayat • Alain Pera • Louis Perego.

Préface d’Élisabeth Naud. Postface de Bernard Bolze.
Photographies d’Émilia Stéfani-Law.

Transcription et adaptation du texte du spectacle Une longue peine par la Cie des Hommes (Didier Ruiz) : Gwendoline Raisson.

En partenariat avec Prison Insider.

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